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Ultra-trail : quand la passion flirte avec l’addiction, l’alerte de Beñat Marmissolle

Par Anthony Publié le 07/11/2025 à 09h03 — modifié le 14/11/2025 à 10h47   Temps de lecture : 4 minutes
Ultra-trail : quand la passion flirte avec l’addiction, l’alerte de Beñat Marmissolle

L’ultra-trail ne cesse de se démocratiser. Les inscriptions explosent sur les grandes épreuves, et ce ne sont plus seulement quelques élites qui arpentent les crêtes en quête d’émotions extrêmes. Pourtant, l’enthousiasme grandissant pour cette discipline d’endurance amène à s’interroger : jusqu’où la passion mène-t-elle certains athlètes amateurs, au point d’adopter des comportements addictifs ? Le traileur professionnel Beñat Marmissolle tire la sonnette d’alarme : « Même chez les amateurs, ça devient une addiction. »

Pourquoi l’ultra-trail attire autant les passionnés ?

L’ultra-trail, c’est bien plus qu’une longue course en montagne. C’est la promesse d’un dépassement de soi, d’une immersion dans la nature, d’un sentiment de liberté unique. Beaucoup de coureurs amateurs racontent ce moment où l’on ne court plus seulement pour la forme, mais pour retrouver cette sensation grisante d’accomplissement, de contrôle et de fierté après avoir franchi la ligne d’arrivée.

Cet engouement s’explique aussi par :

  • L’influence des réseaux sociaux et de la médiatisation des exploits
  • Le besoin croissant de quête de sens et de défi personnel dans une société sédentarisée
  • L’accès facilité à du matériel performant et à des conseils d’entraînement

Si la motivation initiale est saine, un phénomène insidieux peut s’installer, celui de l’addiction…

Dépasser ses limites… mais à quel prix ?

L’ultra-endurance provoque des sensations fortes : dopamine, adrénaline, sentiment d’appartenance à une communauté soudée. Mais cette recherche du frisson devient parfois un besoin compulsif.

Concrètement, l’addiction à l’ultra-trail se manifeste par :

  • La nécessité de s’inscrire à plusieurs courses extrêmes dans l’année, sans respecter les temps de récupération nécessaires 🛌
  • L’incapacité à ralentir ou à aménager sa pratique, même en cas de blessure ou de fatigue profonde
  • Un isolement social progressif, au profit de l’entraînement ou de la planification de nouveaux défis
  • Une difficulté à retirer du plaisir d’autres activités que le trail – voire à ressentir du manque en cas d’arrêt

Pour de nombreux spécialistes, ces signaux d’alerte témoignent d’une vraie addiction comportementale, similaire à ce que l’on observe dans d’autres sports extrêmes ou dans certains comportements à risque.

L’équilibre en question : témoignages et conseils d’experts

Beñat Marmissolle lui-même, habitué des podiums et des sentiers techniques des Pyrénées, encourage à la vigilance : « On a tous cette volonté de repousser nos limites, mais il faut savoir écouter son corps – et son entourage. »

Des exemples concrets illustrent cette dérive. Philippe, traileur amateur de 42 ans, a enchaîné trois ultra-trails de plus de 100 km en une saison : « Après chaque arrivée, il fallait que je m’inscrive à une autre – j’avais peur de perdre cette sensation d’exister. » Résultat ? Une fatigue chronique, des blessures à répétition et des tensions avec sa famille.

Les professionnels de santé, préparateurs physiques et psychologues du sport recommandent de :

  1. Planifier au moins une à deux saisons « off » ou allégées après plusieurs années intensives
  2. Favoriser les sports croisés (vélo, natation, randonnée) pour varier les stimulations
  3. Entretenir sa vie sociale et familiale en dehors du trail
  4. Consulter si la pratique sportive prend le pas sur la santé physique ou mentale

En somme, l’équilibre passe aussi par la diversité des plaisirs et le respect de soi. Ce sujet est d’autant plus important qu’il touche également les sportifs amateurs, sans encadrement professionnel. Pour approfondir la dimension psychologique, consultez également l’article Dans la tête des coureurs d’ultra-trail : pourquoi ces athlètes se lancent dans l’extrême.

Quelles pistes pour préserver sa passion sans glisser vers l’addiction ?

Identifier ses objectifs et motivations

Clarifiez votre rapport au trail : pourquoi courez-vous ? Est-ce par plaisir, par défi, pour plaire aux autres, fuir un stress ou rechercher la reconnaissance ? Un questionnement régulier aide à prévenir les dérives.

Intégrer la récupération et l’écoute corporelle

Les cycles de récupération, la qualité du sommeil et la gestion de la nutrition préviennent non seulement les blessures mais aussi le risque d’épuisement psychique.

Savoir dire non… et lâcher prise

Aucune saison d’ultra-trail ne mérite de sacrifier sa santé. Apprendre à décliner une inscription ou à reporter un objectif s’avère parfois la décision la plus difficile… mais aussi la plus sage pour durer dans le sport.

Conclusion : aimer sans s’abîmer

L’ultra-trail restera un espace d’évasion, d’aventure collective et d’audace personnelle. Mais comme toute passion dévorante, il impose de réelles limites – physiques, mentales, sociales. L’alerte lancée par Beñat Marmissolle invite chacun à réinterroger sa pratique : courir pour vivre mieux, et non pour fuir ou se détruire. L’équilibre, clé de la longévité sportive, reste un défi permanent, mais il mérite toute notre attention.

🧠 FAQ - Addiction et passion dans l’ultra-trail

❓ Quels sont les premiers signes d’une addiction à l’ultra-trail ?

Une dépendance à l’ultra-trail se manifeste souvent par des entraînements excessifs, une obsession des compétitions et le besoin constant de mettre en place de nouveaux défis au détriment d’autres aspects de la vie.

❓ Pourquoi l’ultra-trail suscite-t-il de telles émotions fortes ?

Ce sport stimule la dopamine et l’adrénaline, offrant un sentiment d’accomplissement puissant et une connexion unique avec la nature et la communauté des traileurs.

❓ Y a-t-il un profil type pour devenir « accro » à l’ultra-trail ?

Il n’existe pas de profil unique, mais les personnes en quête d’émotions intenses, perfectionnistes ou en période de fragilité personnelle peuvent être plus sensibles au risque d’addiction.

❓ Comment prévenir l’addiction tout en restant performant ?

En alternant les objectifs, en intégrant la récupération active, en gardant des liens sociaux, et en consultant un professionnel en cas de doute sur son équilibre psychique.

❓ L’addiction à l’ultra-trail concerne-t-elle uniquement les élites ?

Non. De nombreux sportifs amateurs sont aussi concernés, notamment ceux qui multiplient les dossards ou peinent à respecter les phases de repos nécessaires.

❓ Peut-on retrouver le plaisir du trail après une pause forcée ?

Oui, une coupure peut raviver la motivation, améliorer la forme physique et permettre d’aborder la discipline avec un regard neuf et plus équilibré.